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Au cours des siècles passés, des hommes ou des femmes nés à Kergrist-Moëlou,
ont connu un destin extraordinaire ou malheureusement tragique après s'être,
pour certains d'entre eux, exilés au delà des mers.

Voici retracée brièvement la vie de quelques-uns de ces kergristois.

François LE GUERNE (ou LEGUERNE) voit le jour le 6 janvier 1725 à Kergrist-Moëlou. C'est parents étaient Yves LE GUERNE et Louise LE CAER. Formé au Séminaire du Saint-Esprit à Paris, il entre ensuite au séminaire des Missions étrangères, puis arrive à Québec au début de l'été de 1750. Il y termine ses études en théologie et est ordonné prêtre le 18 septembre de l'année suivante par Mgr DE PONTBRIAND.

Assigné en Acadie en 1752, LE GUERNE doit desservir les habitants de la région de Petcoudiac et du fort Beauséjour, bientôt envahi par les troupes britanniques de Robert MONCKTON (juin 1755). S'il hésite d'abord à inciter les Acadiens à la désobéissance, il se ravise pourtant en voyant le sort que l'on leur réserve, organise la résistance et tente de faciliter la fuite des familles toujours en liberté vers le Canada. Monckton cherche à le faire arrêter, ce qui oblige LE GUERNE à se cacher, puis à quitter définitivement l'Acadie au mois d'août 1757.

Arrivé à Québec, il se voit confier la cure de Saint-François-de-Sales à l'île d'Orléans, où il termine sa carrière, s'absentant pendant l'année 1768-1769 pour donner un cours de rhétorique au petit séminaire de Québec. Le Dictionnaire Biographique du Canada laisse entrevoir quels furent les intérêts de LE GUERNE à cette époque et mentionne qu'"en octobre 1789, une cinquantaine de ses paroissiens, [...] lui reprochent [...] de chercher à s'enrichir par tous les moyens". Il meurt la même année.

Source manuscrit ci-dessus: Lettre de M. l'abbé LE GUERNE, missionnaire de l'Acadie trouvée récemment dans les archives de la cure de N.-D. de Québec et publiée par Mr C.-O. GAGNON, prêtre de l'Archevêché de Québec. Titre rare reproduisant une lettre de François LE GUERNE et traitant de la déportation des Acadiens. Québec: Imprimerie générale A. Côté, 1889. in-8, 50p. Couv. verte impr. - Br. Bel état, ex. non coupé.

Sources texte ci-dessus et autres sites où apparaît
François LE GUERNE:

http://www.ovieuxbouquins.com/cat222/cat222acadie.htm

 

Il semble qu'au milieu du 18ème siècle, plusieurs kergristois quittèrent leur Basse Bretagne natale pour s'exiler au Québec avant la conquête anglaise de 1760. Ainsi, une année environ après François LE GUERNE , en 1751, Jean LE COROLER traverse à son tour l'atlantique après s'être engagé à 23 ans comme tambour dans la Compagnie des canonniers bombardiers de Québec qui, cette même année, avait beaucoup enrôlé en Bretagne sur ordre du Roi.

Né le 12 mars 1729 au lieu-dit "Le Bois" en Kergrist-Moëlou (peut-être le village actuel du "Coat" aujourd'hui abandonné), Jean LE COROLER est le fils de Christophe LE COROLER et de Marie LE DORNER. Il est l'aîné d'une famille qui dut compter 6 enfants (4 garçons et 2 filles).

Quelques mois après avoir poser les pieds en Nouvelle France, Jean Le COROLER est emprisonné pour duel. A la fin d'une journée du mois de janvier 1751, Jean quitte la caserne pour prendre un verre au Cabaret Laforme, l'une des nombreuses tavernes de la Ville de Québec. D'après la version des faits de Le COROLER, trois soldats le tabassent dès sa sortie de la caserne. Arrivé au cabaret, un dénommé LE COFFRE le provoque. Selon la version d'autres témoins (Bertrand, Saint-Antoine, Martin et Le Parizien), Le COROLER, saoul aurait provoqué Saint-Antoine, capitaine de la compagnie, puis s'en serait finalement pris à LE COFFRE.

Toujours est-il qu'ils quittent la taverne par la Porte Saint-Jean pour se battre. Le petit Jean réclame alors aux gens présents une épée pour affronter LE COFFRE. Les soldats étant surtout armés de hachettes pour mieux affronter la forêt, c'est à la baïonnette que vont se battre les deux hommes.

La version la plus plausible est sans doute celle de Le COROLER. En effet, s'il avait vraiment été le provocateur dans cette affaire, il aurait été condamné à une peine beaucoup plus lourde, les protagonistes de duels étant normalement passibles de l'échafaud ! Le procurateur du Roi l'aura sûrement cru.

Relâché assez vite de sa geôle, il sera nommé exécuteur public, autrement dit bourreau, dans la Basse Ville de Québec.

Il épouse à cette époque une condamnée à mort, Françoise LAURENT, qui fréquenta les prisons royales de Québec à la même période que lui. On ne retrouve plus aucune trace du couple au Canada après 1753.

Plusieurs explications plausibles à cette disparition : qu'ils soient retournés en France clandestinement, qu'il soit mort avec sa femme (les registres de l'Hôtel-Dieu de Québec font état de leur hospitalisation en 1752) ou encore qu'ils se soient sauvés dans les colonies anglaises tout comme le bourreau de la colonie en 1711.

Sources texte ci-dessus : Martin Harvey Jonquière, Québec el_ness@hotmail.com

 

 

Né à Kergrist-Moëlou le 7 septembre 1862 (décédé en 1939), il fut huissier à Plouigneau (Finistère) puis juge de paix à Taulé. Il publia des poésies en breton notamment "Les voix du crépuscule" ("Moueziou narbardaënos").

 

Au cours des différentes guerres et conflits du 20ème Siècle, 125 kergristois sont morts sur les champs de batailles d'Europe ou d'Afrique du Nord ou des suites des combats ! Pour la seule Première Guerre Mondiale, 116 jeunes hommes perdirent la vie.

Retrouvez leurs noms sur ce lien

 

Né le 6 janvier 1913 à Kergrist-Moëlou, il devance l'appel en décembre 1931 à 18 ans et s'engage dans le 2ème groupe d'ouvriers d'aéronautique, puis dans le 2ème régiment aérien de Strasbourg.

Breveté pilote en août 1932, il rejoint la 6ème Escadre de chasse en septembre 1933. Il s'intègre aux effectifs de la 5ème Escadrille du groupe de chasse 3/6 en mai 1939. Il prend le commandement de la 3ème Escadrille en août 1943.

Pierre LE GLOAN est le premier As de la Seconde Guerre Mondiale a avoir abattu cinq avions ennemis en une seule journée. Le 11 septembre 1943, suite à une panne moteur, il est contraint de poser son avion sur le ventre. Malheureusement encore équipé de son réservoir supplémentaire, l'engin explose au contact du sol. Pierre LE GLOAN périt carbonisé.

Une rue du bourg de Kergrist-Moëlou porte son nom depuis le mois d'août 2003.

Sources texte ci-dessus : http://aerostories.free.fr/pil_cha_fr/legloan/

 

Né le 10 juin 1900 à Kergrist-Moelou, Joseph LE CAM fut déporté politique. Entré à Jacques Cartier le 30 mai 1944, il décéda le 4 février 1945 à Hamburg-Neuengamme en Allemagne.

Source texte ci-dessus : http://assoc.wanadoo.fr/memoiredeguerre/index.htm

 

René (Ange, Raymond) JEGOU est né le 11 septembre 1921 à Kergrist-Moelou.

Parti en Allemagne au titre de la réquisition de main d’oeuvre (STO) en octobre 1942, il est arrêté le 26 février 1943 par la Gestapo pour « refus de travailler ».

Il est déporté le 10 octobre 1942 et incarcéré deux mois à la prison d’Offenbach, puis interné (sans doute après jugement) au camp de Buchenwald fin avril 1943. Il est transféré au camp de Lublin en février 1944 (matricule 9346). Bien que ce camp reste dans les mémoires comme un camp d’extermination pour les juifs, quelques milliers de détenus sont utilisés par des entreprises de la SS dans divers ateliers : menuiserie, mécanique, cordonnerie, forge, textile, briqueterie, explosifs, chimie...

Ce camp étant évacué au printemps, les détenus transférés sur Auschwitz. Ce dernier camp est à son tour évacué vers Dachau et Mauthausen. René JEGOU a été vu pour la dernière fois à Eben See Mauthausen vers le 15 février 1945.

La mention « Mort en déportation » a été publiée au Journal Officiel du 17/8/1994, page 2034.

Sources photo et texte i-dessus :

http://memoiredeguerre.pagesperso-orange.fr/deportation/22/deportes22-hijk.htm

http://assoc.wanadoo.fr/memoiredeguerre/index.htm

 

Guillaume Le Caroff est né en 1914 dans notre commune. Agriculteur, militant du PCF et prisonnier de guerre, il fut élu maire de Kergrist à la libération et jusqu'en 1970, année où il devint maire de Rostrenen.

Conseiller général du canton de Rostrenen de 1945 à 1985, il fut égaIement député de 1956 à 1958. Guillaume Le Caroff fait partie des hommes politiques importants ayant marqué l'histoire du département des Côtes-du-Nord devenus les Côtes d'Armor.

Sources texte ci-dessus : Bulletin d'information communal n° 5 - Juillet 2003

 

Née en 1917 à Kergrist-Moëlou, institurice, membre du Parti communiste français, Hélène LE CHEVALIER s'engage en 1940 dans la résistance. Arrêtée le 18 mars 1943 et emprisonnée 5 mois à Guingamp, elle est transférée au camp de La Lande en Indre-et-Loire jusqu'à sa libération le 20 décembre 1943.

Après la guerre, Hélène LE CHEVALIER deviendra dirrigeante départementale de l'Union des Femmes Françaises et continuera de militer au PCF. Suppléante d'Auguste LE COENT aux élections législatives de 1946, elle siègera jusqu'en 1951 à l'Assemblée Nationale après l'élection d'Auguste LE COENT au Conseil de la République. Elle reprendra ensuite son activité d'enseignante.

Pour en savoir plus sur Hélène LE CHEVALIER sur ce site

 

 

Gilbert LE GOFF est né le 15 janvier 1946 à Kergrist-Moëlou. Passionné d'aéronautique, il réussit le concours d'entrée à Saintes et est admis à l'Ecole de Paban en qualité d'apprenti mécanicien le 2 mai 1962. Brillant élève, il quitte Saintes dans les premiers rangs du classement et se trouve affecté à la Base aérienne 721 à Rochefort le 7 avril 1964 pour y poursuivre sa formation. Son travail et sa persévérence sont récompensés par des résultats brillants.

Il rejoint sa première affectation, l'Annexe du Centre d'expérimentations aérien militaire 332/02 sur la Base aérienne 217 de Brétigny-sur-Orge le 8 février 1965. C'est pour lui l'affectation idéale car elle lui permet de réaliser son rêve, devenir mécanicien d'équipage. Jeune mécanicien naviguant, il est affecté à la Base aérienne 112 de Reins le 1er octobre 1971. Il acquiert l'expérience et la compétence que ceux qui l'entourent lui reconnaissent.

Il est déttaché au Tchad, à la section air du Bureau militaire aux forces armées tchadiennes le 19 février 1976, alors que le pays est le théatre d'une rebéllion qui s'exerce notamment dans le Tibesti. Le 29 janvier 1978, au cours d'une mission de transport logistique, son avion, un Dokota C47, est abattu dans la région de Faya-Largeau par des rebelles. Il est porté disparu depuis cette date. Malgré les dispositifs de recherche mis en place, l'hostilité de la zone empêche les secours d'intervenir. L'Adjudent-chef Gilbert LE GOFF avait 32 ans. Il totalisait 3.229 heures de vol dont plusieurs centaines en opérations.

 

 

 

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